Happy birthday… ou pas !

voisinsMardi 27 mai, 22h. Je rentre fatiguée de ma journée de travail. Après avoir emprunté la ligne 13 connue de tous pour sa réputation de train à bestiaux, je me traîne lamentablement sur l’avenue de Saint Ouen. Une fois devant l’immeuble, je fais le code, je rentre dans le hall et là OH MON DIEU !!!!

Ils sont tous là, les vieux, les jeunes, les petits, les grands, les gros, les minces, les moches, les beaux… tous les habitants de l’immeuble sont réunis dans le hall. Ça chante, ça danse, ça joue de la musique, ça mange, ça boit… Bref ça fait la fête !

Ils sont tous là pour moi. Ils ont attendu que je rentre du travail. Ils ont organisé une petite fiesta en douce pour Isa Jones. Je vous aime mes voisins, j’aime votre solidarité, votre amitié, nous formons une grande famille et ça, ça n’a pas de prix.

Le seul hic, c’est comment leur dire qu’ils se sont trompés… Et oui, parce qu’on ne fait pas la fête sans raison à 22h dans le hall d’un immeuble. Je ne sais pas qui leur a dit cette bêtise mais ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui !


Ohlala, c’est très gênant. Voilà que le concierge vient me souhaiter la bienvenue avec une petite coupe de Clairette. Bon, je ne peux pas rester là sans rien faire, les bras ballants. Je dois leur dire que ce n’est pas mon anniversaire même si ça va sacrément les décevoir. Je me lance:

  • [raclement de gorge] Hum hum… Excusez-moi tout le monde… Vous m’entendez?

Rien. Il ne se passe rien. Ils continuent à discuter chacun dans leur coin. Je retente ma chance en montant sur une chaise pour capter leur attention.

  • Ecoutez, vous êtes formidables, vraiment. Je vous remercie de toutes ces attentions

Pour appuyer mon propos et ma force de conviction, je mets ma main droite sur le cœur. Très théâtral j’avoue mais follement excitant ! Le silence se fait. Ça y’est ils m’écoutent enfin.

  • J’apprécie ce geste qui me touche beaucoup. Je ne m’y attendais pas et c’est d’autant plus une surprise que…
  • Qu’est ce qu’elle raconte la petite du 7ème ?

Ah ben si le petit vieux du 3ème s’y met je n’arriverais jamais à leur dire la vérité. Je commence à me sentir très mal à l’aise du haut de ma chaise. D’autant plus que quelques éclats de rire commencent à s’élever. La situation est finalement très gênante et je me demande si je ne ferais pas mieux de les laisser croire que c’est mon anniversaire. Au moins, je pourrais manger et boire à l’œil et en plus, j’aurais droit à un cadeau, c’est toujours bon à prendre.

J’hésite, je réfléchis intensément, les gens me regardent et commencent à s’impatienter. Ils attendent un discours et je les comprends vu la préparation que cette fête a du leur demander.

Soudain, tel un ange volant à mon secours, je vois l’Homme fendre la foule pour me rejoindre. Et bizarrement, contrairement aux anges qui sont toujours souriants et apaisés, il n’a pas l’air détendu du tout. Il arrive à ma hauteur, me fait descendre de mon pied d’estal vite fait (dommage, je commençais à me prendre pour la statut de la Liberté), et m’attire dans un coin. Il chuchote :

  • Tu peux m’expliquer ce que tu fais sur une chaise ? Et de quoi tu parles d’abord? T’as fumé ? t’as bu ? Ah voilà c’est ça ! T’es allée prendre un verre avec des copines après le boulot ! T’as pris une tequila de trop ma grande!
  • Mais c’est toi qui dis n’importe quoi ! Tu te rends compte de ce que ces gens ont fait pour moi ? Je ne peux quand même pas les laisser croire que c’est mon anniversaire !
  • Mais qu’est-ce que tu racontes Isa ?

L’Homme a l’air abattu, fatigué, exténué devant tant de naïveté. Il n’a plus envie de m’expliquer quoi que soit et je sens que je l’agace de plus en plus. Pas bon signe ça !

Et là je crois que j’ai commencé a saisir le ridicule de la situation… Autour de nous, les gens continuaient à rire, à boire, à chanter, à discuter, à manger. Personne ne faisait plus attention à moi. J’ai jeté un coup d’œil, j’ai vu les guirlandes, le buffet, la sangria, les assiettes… et les affiches ! Les affiches de la Fête des voisins, celles qui sont punaisées dans le hall depuis au bas mot une semaine.

OH MON DIEU !!! Une tequila, vite !!!

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