Quand la folie me guette…

 

folleJe suis folle. Je vous fais une révélation fracassante : Isa Jones est un peu timbrée. Il se trouve en effet que  j’ai des lubies, très fréquentes. Il faut toujours que j’ai une fixation en tête, un choix à faire, un objectif à atteindre, une montagne à gravir… Ne vous m’éprenez pas : je ne parle pas du tout d’ambition professionnelle, de mariage, de bébé, de voyages… Je parle précisément de petites obsessions temporelles et matérielles qui me demandent beaucoup de concentration, de temps et d’énergie.

Ce trouble obsessionnel s’est déclaré il y a 2 ans environ. Quoique je devais déjà être toquée bien avant mais c’est là que j’ai pris conscience de mon problème... Voici les faits :


Je m’étais auto-proclamée « Organisatrice de nos premières vacances loin-très-loin avec l’Homme ». Pendant des semaines, j’ai  passé mes journées à chercher un hôtel sur internet, un loueur de voiture, des billets d’avion, des idées d’excursion. J’ai fait tous les forums pour savoir s’il valait mieux loger à l’Est ou à l’Ouest. J’ai acheté plusieurs guides de voyage à la Fnac, des magazines, des cartes routières… Bref plus rien ne pouvait m’arrêter. Je voulais que ces vacances soient parfaites. Un point c’est tout.

Vu de loin, ça peut sembler tout à fait normal, mais je vous assure que mon comportement était des plus bizarre.  A l’époque, je travaillais de chez moi. Quand l’Homme rentrait à la maison, il me trouvait avachie dans le canapé, les yeux fatigués et rivés sur l’ordi. Sur la table basse, des dizaines de feuilles pour noter, des tableaux pour comparer, des listes pour ne pas oublier… Dès qu’il passait la porte, je lui sautais dessus toute excitée :

– Ah te voilà enfin ! Ecoute, il faut qu’on discute d’un truc au sujet de l’hôtel… J’en ai repéré 3 qui sont pas mal du tout mais je n’arrive pas à me décider… Alors, je t’ai fait un petit tableau avec le nombre d’étoiles, le tarif, les services, s’il y a une piscine, la distance de la plage…

– Ohla ohla, tout doux ma belle ! Je viens juste de rentrer, j’ai eu une journée atroce, un stress de malade. J’ai même pas eu le temps de déjeuner et tu veux que là tout de suite je choisisse un hôtel ?

– Ben oui… C’est super important et il faut réserver vite sinon il risque de ne plus y avoir de place. Tu imagines, s’ils n’ont plus de chambres, on fait comment ?

– Ben on en prend un autre pardi !

– Mais tu te rends pas compte ! Je passe mes journées à faire en sorte que ce voyage soit absolument parfait !  C’est pour nous que je le fais et tu ne veux même pas participer un petit peu ?

L’Homme sait alors que je ne lâcherais pas le morceau. Il cède à contre cœur. Il m’écoute alors lui exposer les points positifs et négatifs de chaque hôtel. Son regard est dans le vague. Je suis sûre qu’il fait semblant de me prêter attention… puis il lâche sur un ton enthousiaste et convaincant :

– OK… ben… le deuxième me semble très bien ! On choisit celui-là. Tu les appelles demain pour réserver ?

– Euh, t’es sûr ? Tu veux pas qu’on réfléchisse encore un peu ?

– C’est tout réfléchi. Je ne veux plus entendre parler de l’hôtel d’accord ?!?

L’Homme en a marre. Je le comprends. Je ne sais pas comment il fait pour me supporter pendant ces crises. Je suis angoissée à l’idée de ne pas faire le bon choix. Je suis fatiguée de passer des heures sur le net. Je suis stressée par le temps qui passe. Je suis insupportable, il faut le dire !

Mais ceci n’est qu’un exemple ! J’ai fait le même cinéma pour choisir un loueur de voiture pour nos vacances de septembre. Puis ce fut pour la machine à laver. Vient ensuite le choix d’une entreprise pour rénover nos fenêtres et le ramonage de la cheminée. Bref, dès que je dois faire un choix, je file sur internet et je compare, je compare et je compare. Non pas pour trouver le prix le plus bas mais pour être sûre de faire le bon choix. Ça me rassure. J’ai toujours peur de me tromper et de le regretter. 

Mais la goutte d’eau, ce fut pour la rénovation des fenêtres…

J’ai fait faire au bas mot une dizaine de devis. J’ai donc vu défiler une dizaine de spécialistes de la fenêtre chez moi. Je les ai reçus avec courtoisie. J’ai serré leurs mains moites, froides, poilues, rugueuses, potelées, décharnées. J’ai souri à leurs blagues ou leurs jeux de mots faciles. J’ai écouté l’histoire de leur entreprise familiale depuis 1920. J’ai appris la différence entre le coefficient thermique Uw et le Ug. On m’a vanté à dix reprises les avantages de l’oscillo-battants. 

A la fin des deux semaines de visites, je n’en pouvais plus. J’en savais autant qu’eux sur le type de matériaux, l’épaisseur du vitrage, les petits bois incorporés ou la grille de ventilation. Je pouvais anticiper le discours de ces commerciaux surentraînés au mot près. Quand j’ai fermé la porte pour la dixième fois, je me suis retrouvée face à des devis équivalents. A quelques centaines d’euros près. La qualité des matériaux semblait égale. Les délais d’intervention se valaient. Je n’avais pas d’arguments pour en choisir un plus qu’un autre. J’étais complètement paumée. Et je me suis dit « Faut que tu arrêtes tes conneries ma grande !« 

L’Homme était blasé. Il m’a dit « c’est ridicule ! On se retrouve avec des devis presque identiques, comment veux-tu choisir maintenant ! T’as qu’a prendre au pif et on en parle plus!« 

Mon obsession de la comparaison et de la perfection avait encore frappé. J’ai donc décidé d’y mettre un terme ou du moins, de freiner ce trouble !

Et figurez vous que je me soigne. Pour preuve, pour choisir les chaises de notre salon, je n’ai consulté que 3 sites internet… Un exploit ! Il a quand même fallu que j’aille dans les magasins pour les voir, les toucher, les essayer. Je me suis également posée des questions du type « Mais tu crois que ça se lave facilement le simili cuire ? Et tu penses que ça ira bien avec la déco ? Tu les préfères noires ou blanches ? Est-ce qu’elles ne vont pas rayer le parquet ?« . 

Mais j’ai choisi, je me suis finalement décidée en à peine… 3 semaines… Je suis sur la bonne voie !

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