Need a break

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Lundi matin, à 6h50, mon réveil a sonné. Comme tous les matins de la semaine. Je l’ai entendu de loin, je ne me souviens pas l’avoir éteint. Je me suis réveillée 20 minutes plus tard, complètement dans le gaz, le corps lourd et les paupières encore plus. J’ai pris mon courage à deux mains, je me suis levée, je me suis retrouvée au milieu du couloir sans savoir ce que je faisais là. Vraiment, je n’avais pas d’énergie. J’avais la gorge qui pique, la tête qui résonne, les oreilles qui bourdonnent. J’avais dormi deux heures, peut-être trois, je ne sais plus. La nuit avait été courte et longue à la fois, compliquée, épuisante, à l’image de celles que l’on passe depuis 3 mois.
Parce que depuis le mois de décembre, Little Jones enchaine les maladies. Elle a été très malade la première année de sa vie, comme tous les bébés je crois, et puis ça s’était calmé. Mais cet hiver, rien ne nous est épargné. Une laryngite puis une pneumopathie trainante en décembre, une angine bactérienne en janvier et à nouveau une laryngite carabinée en février. Des maladies dont les symptômes se manifestent principalement la nuit. Pour notre plus grand bonheur donc. Entre deux épisodes pathologiques, il y a les cauchemars et les terreurs nocturnes, les gémissements toute la nuit sans qu’on sache pourquoi ni quoi faire.

Lundi matin, mon corps m’a dit « stop » un peu plus fermement que d’habitude. Au début, j’ai tenté de négocier « Ecoute  t’es gentil mais pas aujourd’hui… On est lundi, j’ai une semaine chargée, plein de travail à terminer, c’est pas vraiment le moment… ». Il n’avait pas du tout l’air réceptif à mes arguments, il est resté campé sur ses positions et a redoublé d’efforts pour me faire comprendre qu’il n’était pas d’humeur à tergiverser. Je sentais la migraine poindre, je n’ai pas insisté au risque de le contrarier davantage.

J’ai donc décidé (ou plutôt mon corps a décidé) de rester à la maison et de prendre rendez-vous chez mon généraliste. J’y allais surtout pour les symptômes d’une probable rhino, je ne savais pas si j’oserais lui parler de ce gros coup de fatigue. Je trouvais ça un peu ridicule d’aller chez le médecin pour lui dire « Ohlala je suis fatiguée aujourd’hui c’est fou ! ». Alors que tout le monde est fatigué, surtout en cette saison, tout le monde a un quotidien éreintant, je ne suis pas une exception. Et puis qu’est ce qu’il pourrait y faire à part me prescrire une cure de magnésium ? Je voulais juste lui demander un arrêt pour cette journée, éventuellement pour le lendemain histoire de recharger les batteries.

Dans son cabinet rassurant, il m’a écouté lui parler de ma gorge irritée et de mes oreilles bourdonnantes. Je lui ai aussi parlé de ma migraine de trois jours la semaine précédente qui m’avait particulièrement contrariée. Et puis j’ai glissé « Faut dire que je suis fatiguée en ce moment…. Avec Little Jones qui enchaine les maladies, c’est pas facile la nuit…. ». Et puis j’ai pleuré. Je me suis excusée, j’avais l’air bête à laisser couler mes larmes face à lui et la jeune étudiante en médecine qui l’assistait. Il m’a tendu une boite de mouchoir et m’a fait parler. J’ai tout expliqué. Les nuits courtes, l’impossibilité de récupérer, le rythme quotidien soutenu, les trajets en voiture pour aller au travail, cet état de fatigue permanent. Il m’a demandé si notre futur changement de vie m’angoissait. J’ai répondu que non, parce que c’est la vérité. Je suis étrangement sereine et confiante à l’idée de quitter Lyon pour Dijon.
Il m’a auscultée et m’a dit « Isabelle, je vais vous arrêter toute la semaine, vous avez besoin de repos ». J’ai paniqué. Comment ça toute la semaine ? C’est pas trop possible surtout en ce moment… Je lui ai dit Vous êtes sûr ? Il m’a dit que c’était lui le médecin, et qu’il jugeait que je n’étais pas en état de travailler, que les trajets en étant fatiguée comme ça c’était dangereux, que si je ne me reposais pas maintenant, je reviendrais le voir dans une semaine et que ce ne serait pas juste 5 jours de repos qu’il me faudrait.

J’ai acquiescé parce qu’il avait raison. Je repoussais ce besoin de repos depuis trop longtemps parce que ce n’était jamais le bon moment. Je masquais cette fatigue (sans grand succès) avec de l’anti-cerne et du blush, je la refoulais au second plan à coup de cures de vitamines (inefficaces) et de tasses d’espresso (je ne bois pas de café). Je me persuadais que mes nombreuses migraines, mes coups de déprime, mes petits rhumes successifs étaient juste dus à la saison ou à mon cycle hormonal.

Depuis lundi, je suis à la maison et je me repose. Little Jones est chez la nounou comme c’était prévu puisque ce sont les vacances scolaires. Si les deux premiers jours, j’étais encore très fatiguée et un peu déprimée, depuis mercredi, je sens que ça va mieux. Je découvre un rythme… sans rythme justement ! Je prends le temps sans pression aucune. Je lis, je prends des bains, je fais des smoothies, je surfe sur internet, je regarde des séries. Je crois que c’est la meilleure ordonnance qui existe, c’est surtout celle dont j’avais besoin ! Je me sens incroyablement soulagée de ne pas avoir à prendre la voiture matin et soir, de ne pas perdre mon temps et mon énergie dans les bouchons ou contre ceux qui ne savent pas conduire. Je sais que je serais à l’heure le soir pour aller chercher Little Jones chez la nounou. Quoiqu’il arrive.
Parallèlement, Little Jones va mieux. Les symptômes de sa laryngite s’estompent petit à petit, et cette nuit, elle n’a pas toussé du tout et ne s’est réveillée qu’une seule fois pour un cauchemar.

Je sens qu’on touche au but et qu’avec l’arrivée des beaux jours, nous allons reprendre un rythme plus « normal ». Quoique… Le printemps va être rock’n roll chez les Jones mais c’est plus marrant que la routine, non ? Un jour, ma grande soeur m’a dit « La vie est faite pour être bousculée sinon on s’ennuierait », et comme c’est mon ainée, je la crois sur parole !

Lundi matin, mon corps a dit « stop » et je ne l’ai pas envoyé balader cette fois. Je sens déjà qu’il me remercie des efforts que je fais pour lui. Je le nourris mieux, je le mets au repos, je prends soin de lui et même que je lui ai épilé les jambes…
Avec tout ça, il n’est pas près de revenir se plaindre 🙂

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4 réflexions sur “Need a break

  1. Mon corps aussi a dit stop, un beau matin après Noel. On venait d’avoir quelques jours de vacances qui ont été épuisantes. J’ai repris le travail pliée en deux à cause d’une sciatique. Je devais assurer la permanence au bureau. J’ai tenu les 3 jours impératifs et puis je me suis effondrée. Impossible de me lever, la sciatique m’empêchait de marcher. Mon fils allait avoir 1 an. Un an pendant lesquels toutes les nuits ont été hachées. Ou au bureau, on ne comprenait pas pourquoi j’étais fatiguée malgré mes 3h de transport par jour et un nouveau né à la maison.
    Alors, tout comme moi, ton corps a dit stop pour t’éviter un burn out. Alors, tu fais bien de le chouchouter car il te sert bien 🙂
    Bon repos et joyeuse nouvelle vie à Dijon.

    • Oh je vois qu’on a vécu un peu la même chose… Serait-ce le mal des jeunes parents du 21ème siècle ? Je pense qu’on en demande trop à notre corps et notre tête, qu’on ne prends pas le temps de s’écouter, qu’on se dit qu’on se reposera le week-end mais en fait non… Bref, on repousse le repos et c’est pas bien ! Prends soin de toi, je t’embrasse (et à bientôt sur Instagram 🙂 )

  2. Mon corps me dit stop aussi en ce moment, mais je n’ose l’écouter. J’ai l’impression que si je le fais, je n’arriverai jamais à reprendre un rythme « normal », que mon corps ne voudra plus jamais me laisser aller contre sa volonté…
    J’espère que ton corps retrouvera sa deuxième jeunesse qu’il mérite, mais grâce à tous les smoothies qu’il a eu, je n’en doute pas ! 😉

    • Oh mais il faut que tu t’écoutes absolument ! Surtout en ce moment 🙂 Un petit break te fera du bien et je suis sûre que tu reprendras le rythme ensuite… Prends soin de toi ❤

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